mardi 18 juin 2013

Une tâche de graisse sur le costume trois-pièces de la société

Chaque jour, de nouveaux articles paraissent sur la situation des sans-abris, parfois indignés, souvent descriptifs et fatalistes. Rares sont ceux qui apportent une bonne nouvelle ou parlent d'une amélioration quelconque, et pour cause, la situation ne fait qu'empirer.
De plus en plus de gens, de tous âges et de tous horizons dorment dans la rue.

Je reviens de Rome. C'est par dizaines, voire centaines que les gens dorment aux abords des gares, alignés, se réveillant sans cesse lorsque qu'une voiture passe un peu trop vite où un peu trop près d'eux.  En France nous avons l'impression d'avoir constamment la misère sous les yeux. Certains s'en plaignent à longueur de temps. Ce n'est rien comparé à ce que l'on a pu voir là bas. Et ce que l'on a pu voir là bas n'est rien comparé à tel autre pays moins favorisé, etc.

Comment réagissent les états ? Comment réagit la société ?
Elle se débarrasse de la tâche, sans scrupules, et surtout sans humanité.
En France, ceux qui sont sans-papiers sont expulsés. Les lieux occupés par les sans-abris sont réorganisés, grâce à des procédés bien pensés par les urbanistes. Cactus, galets, bancs inclinés, piques... 

Arte a récemment sorti un documentaire sur le mobilier urbain anti-sdf.

Exemple de mobilier urbain anti-sdf

Photos prises sur Rue89


Tout est fait pour éviter qu'une personne puisse trouver refuge dans un endroit ne serait-ce qu'abrité, pour peu que ce lieu soit un peu trop exposé à la vue des autres, ou pire, des touristes.
Qu'est ce qu'une ville serait prête à faire pour attirer du monde et donc de l'argent ?

195 SDF auraient été exécutés à ce jour au Brésil à quelques mois de la coupe de Monde de football.
Un exemple d'article pour en savoir plus.


Ils ne sont qu'une tâche de graisse sur le costume trois-pièce faussement propre de la société. On frotte avec du détergent, on le passe à la machine, sans vraiment y penser. Mais la tâche ne part pas, ce n'est pas la solution.



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