lundi 22 juillet 2013

"La liberté n'est pas la récompense de la révolte. La liberté c'est la révolte."

Quand j'étais en CM2, j'avais une institutrice géniale et engagée, Mme Dabkowski. Elle nous enseignait, en plus des matières de base, l'histoire. Elle nous avait raconté ce qui était arrivé à Sacco et Vanzetti, et on avait appris une chanson qu'on avait chanté à la fête de l'école qui finissait par un truc du genre "your agony is your triumph". Bref.

Tout ça pour dire que ce week-end je suis allée au festival d'Avignon, et mis à part l'attaque d'un clown fou, tout s'est bien passé. Enfin sauf l'incendie sur le trajet du retour qui a arrêté notre train presque 2h.

Ludor Citrik dans "Qui sommes-je?"

Et du coup, dans le gros bouquin du Off qui répertorie tous les spectacles, une petite affiche "Sacco et Vanzetti" a attiré mon regard. Tout d'un coup, tout se met à défiler, je me revois sur les bancs de l'école primaire, l'air de la chanson tourne en boucle dans ma tête ...(Bon en vrai j'en ai entendu parler et ai étudié cette histoire maintes fois depuis le CM2, mais pour le récit, ça rend mieux, m'voyez). Trois secondes plus tard (et quelques heures), nous voici avec deux invitations, en route pour le théâtre du bélier, sous un cagnard monstrueux (cette expression vient-elle du Sud ?).


"De qui es-tu le marchepied à la fin, Nicolas?"



Eh bien nous ne l'avons pas regretté. C'était du genre à couper le souffle, l'interprétation des différents personnages par Dau et Catella était parfaite. En sortant, quelqu'un m'a dit "j'ai envie de comprendre ce que c'est vraiment l'anarchie".

Quand la pièce continue à vivre dans la réalité, je pense que l'on peut parler de chef d'oeuvre. J'ai pleuré, forcément, j'ai pris en pleine face une des dernières phrases. "Aucun n'a tué et pourtant, ils ont tous tué. Et vous, combien de petits gestes anonymes faites-vous chaque jour, qui tuent à l'autre bout du monde ?".

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